Infos

Home > Infos > INTERVIEW DE BERNARD FORT, PRÉSIDENT DE TENNAXIA

INTERVIEW DE BERNARD FORT, PRÉSIDENT DE TENNAXIA

Home > Infos > INTERVIEW DE BERNARD FORT, PRÉSIDENT DE TENNAXIA
Bernard FORT

La société Tennaxia, créée en 2001 à Laval (53) par Bernard Fort et Maxime Delorme, accompagne les entreprises engagées dans une démarche RSE ou HSE en leur fournissant des solutions logicielles et des prestations de conseil. Spécialiste de la pratique du reporting RSE ou extra financier, Bernard Fort explique pourquoi cette pratique tend à se développer et comment elle peut être source de performance pour les entreprises.

Quelle est la genèse de la RSE et comment pourrait-on la définir simplement ?

Apparue dans la littérature anglo-saxonne des années 60, c’est surtout à partir des années 90 que les initiatives en faveur de la RSE se sont multipliées à la faveur de catastrophes ou scandales (Bhopal en 1984, Enron en 2001), de sommets internationaux (Rio en 1992, Johannesburg en 2002) ou d’initiatives publiques ou privées. La RSE représente ainsi la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société et se définit alors comme une démarche dont la finalité est d’améliorer la performance économique et financière de l’entreprise en intégrant les dimensions sociales et environnementales. Selon la norme Iso 26 000, la RSE repose sur sept critères dont l’éthique, la transparence, le dialogue avec les parties prenantes et la redevabilité, dont découle le reporting.

Pourquoi pensez-vous que la pratique du reporting va se développer ?

C’est une tendance de fond. Les référentiels internationaux en matière de RSE et de reporting RSE existent depuis quinze ans déjà, grâce au « Global Compact », une initiative qui, sous l’égide de l’ONU, visait à promouvoir le développement durable et le civisme social. Par la suite, les directives du GRI (Global Reporting Initiative) complétées par la norme Iso 26 000, ont donné un socle international commun aux pratiques RSE. En France, la loi NRE a imposé dès 2002 aux entreprises cotées de présenter des données sur les conséquences environnementales et sociales de leurs activités. Puis, en 2012, l’article 225 de la loi Grenelle 2, sortant du secteur coté, a élargi l’obligation de reporting à 2 500 entreprises qui doivent théoriquement s’y soumettre pour l’exercice clos 2014. L’ensemble de ces mesures permet d’enregistrer aujourd’hui 5 600 rapports annuels dans le monde dont 3 500 en Europe où la France est plutôt en avance. Surtout, de plus en plus d’entreprises travaillant sur les données extra-financières prennent conscience que la RSE est un levier de performance globale et crée in fine de la valeur partagée.

Comment le reporting RSE peut-il être source de performance ?

Par essence, c’est un «rapport de performance globale» puisqu’il intègre des fondamentaux de l’entreprise que la lecture seule d’un bilan ne permet pas d’appréhender. Notre expérience est que plus de la moitié des critères utilisés dans les reporting RSE ont un lien avec la performance de l’entreprise. Et donc, réaliser son reporting RSE est une bonne occasion de déterminer ces liens, voire les quantifier quand cela est possible. Pour démarrer, le dirigeant peut se poser la question suivante : où se loge la performance de mon entreprise ? Celle-ci peut être appréciée à partir de différentes thématiques très concrètes comme son activité commerciale, ses capacités à conquérir de nouveaux marchés ou à fidéliser les clients ou encore, en matière de ressources humaines, ses facultés à attirer les talents et à fédérer les énergies internes. On s’apercevra alors que les différents aspects de la performance sont transverses et font intervenir plusieurs parties prenantes, internes et externes. L’idée est de profiter de la grille de lecture que fournissent les référentiels de reporting RSE pour appréhender tous ces aspects de manière globale, puis de les intégrer dans une vision évolutive prenant en compte l’avenir. Prenons l’exemple d’une entreprise possédant des véhicules de société. En achetant des véhicules faiblement émetteurs de CO2 elle réduit la pollution mais aussi sa consommation de carburants, donc ses charges. Pour peu qu’elle forme ses salariés à l’éco-conduite, le taux de sinistre va diminuer et les primes d’assurance aussi. La mise en oeuvre d’un reporting RSE permet ainsi de corréler le financier et l’extra-financier en dotant l’entreprise d’un outil de pilotage de la performance. En outre, et je le constate en tant que chef d’entreprise, les grands comptes abordent de plus en plus l’angle RSE dans leurs appels d’offres. Dans ce contexte, le reporting RSE peut représenter alors un avantage concurrentiel et un facteur de différenciation.

Quels conseils donneriez-vous à une entreprise qui voudrait se lancer dans le reporting RSE ?

Il faut tout d’abord s’interroger sur sa motivation et savoir pourquoi on s’engage dans cette démarche : veut-on répondre à une obligation légale ? Rendre compte de sa maturité en matière de RSE ? Le reporting sera alors calibré en fonction de l’objectif poursuivi. Ensuite, il faut des outils, notamment pour collecter les données, les sécuriser et les traiter. On devra également sélectionner les indicateurs que l’on veut suivre, définir une méthodologie et constituer les équipes impliquées dans le process. Il existe sur le marché des solutions logicielles qui permettent de démarrer facilement dans des budgets raisonnables. C’est la valeur ajoutée qu’apporte une entreprise comme Tennaxia en aidant les entreprises à se lancer dans cette démarche RSE puis en les accompagnant sur le long terme.

Chiffres clés de Tennaxia :

> Date de création : 2001
> CA 2014 : 5 M€
> Effectifs : 45 salariés, des bureaux à Laval, Paris et Lyon ; Arkéa Capital Investissement est présent au capital depuis 2008